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Circulaire

La circulaire est un texte qui précise les orientations du décret et nous donne des détails pratiques sur la mise en place concrète de la réforme. Elle a été publiée au bulletin officiel du 2 juillet 2015[1].
Cette circulaire apporte plusieurs idées nouvelles dans l'organisation des collèges et des cours.
Nous tentons de souligner les questions sans réponse et les contradictions non résolues.


Un nouveau chantier : la réforme de l'évaluation

Le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture (publié le 2 avril au Journal officiel), les nouveaux programmes de cycle de la scolarité obligatoire (arrêtés à la rentrée 2015), la nouvelle politique de l’évaluation des élèves et la nouvelle organisation des enseignements au collège doivent concourir à faire du collège, pour chaque élève, le tremplin vers la poursuite de ses études, la construction de son avenir personnel et professionnel, et la préparation à l’exercice de la citoyenneté.

La réforme était déjà vaste : les programmes, les méthodes de travail et les organisations sont remaniées dans le décret.
Mais cette circulaire y mentionne un nouveau chantier, ouvert par la loi de refondation de l'école : la réforme de l'évaluation.
On pense en particulier à la place des compétences et des notes, au rôle revu des conseils de classe, à la possible redéfinition des modalités du Brevet des collèges.
Ces évolutions se feraient toutes dans le but de mettre au centre des préoccupations le socle commun de compétences.

Les réunions : des temps de concertation dans les emplois du temps

Le travail en équipe s'appuie notamment sur les instances collégiales existantes. En fonction des besoins exprimés par les équipes, les chefs d'établissement doivent s'employer à dégager des plages horaires libres communes, qui facilitent le travail collectif, car elles sont anticipées et placées sur des temps compatibles avec l'organisation personnelle de chacun.

Les nouveaux statuts des enseignants le permettent, il y aura donc des créneaux prévus pour des réunions hebdomadaires dans l'emploi du temps des enseignants en plus des heures de cours.
Ces temps de concertation existent déjà : les professeurs exerçant à temps complet déclarent travailler 41 heures par semaine en 2010[2].
Ils consacrent la moitié de ce temps aux cours collectifs et au suivi individuel des élèves, l’autre moitié à la préparation des cours, la correction des copies, la documentation, le travail en équipe, les relations avec les parents d’élèves et les réunions obligatoires.
Aujourd'hui, les enseignants qui souhaitent se concerter pour travailler ensemble ont la liberté de le faire en fonction des priorités auxquelles ils ont à faire face. De plus, les professeurs sont en contact permanent en salle des professeurs, et échangent beaucoup par mails, les réunions n'étant pas toujours le mode de travail en équipe le plus efficace.

Avec la réforme, il y aura donc des plages horaires prévues pour ces temps de concertation. Ces temps de concertation porteront certainement sur la mise en œuvre de la réforme pour la rentrée 2016, même si la formation des enseignants n'aura pas encore commencé. Ces heures-là ne feront pas l'objet d'une rémunération supplémentaire, en effet les nouveaux statuts relatifs relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignants précisent :

Les enseignants (...) sont tenus d’assurer, sur l’ensemble de l’année scolaire : (...) le travail au sein d’équipes pédagogiques constituées d’enseignants ayant en charge les mêmes classes ou groupes d’élèves ou exerçant dans le même champ disciplinaire.

Les options : des enseignements de complément

Le collège propose en outre aux élèves un enseignement de complément aux enseignements pratiques interdisciplinaires « Langues et cultures de l’Antiquité » et « Langues et cultures étrangères ou régionales ». Cet enseignement porte sur le latin, le grec ou une langue régionale.

Les enseignements de complément sont précisés : Latin, Grec et Langues (étrangères et régionales).
La possibilité pour un collège de proposer ces trois options est donc préservée.
Mais les conditions permettant la mise en place effective de ces enseignements seront-elles toujours réunies dans les établissements ?
Nous verrons que des choix d'utilisation des budgets d'heures seront inévitables.


Le budget d'heures

Le total hebdomadaire des heures mis à la disposition des établissements pour la prise en charge des élèves de la sixième à la troisième augmente : il passe de 110,5 heures à 115 heures à la rentrée 2016, et à 116 heures à partir de la rentrée 2017 (pour les quatre niveaux). Ce total hebdomadaire inclut, outre la dotation horaire élève correspondant aux enseignements obligatoires, une dotation horaire supplémentaire pour l’établissement, afin de favoriser, en fonction des besoins, le travail en groupes à effectifs réduits, les interventions conjointes de plusieurs enseignants, et de mettre en place les enseignements de complément.

Le ministère annonce une augmentation du budget d'heures, mais est-ce réellement le cas ?

Le nouveau budget d'heures est de 26×4 = 104h plus la marge horaire de 2.75×4 = 11h ce qui fait un total hebdomadaire de 115h par élève pour les 4 années au collège.
Ce budget passe à 116h en 2017 (marge horaire à 3h).
Ce budget est sensiblement le même qu'aujourd'hui : 108h30 + 2h de marge + dotations des options estimée en moyenne pondérée à 3h30[3] = 114h.
Il faut encore ajouter l’accompagnement éducatif qu'on peut estimer en fourchette basse à 1h ce qui nous donne un total de 115h soit exactement le même total.

Le total hebdomadaire des heures mis à la disposition des établissements pour la prise en charge des élèves de la sixième à la troisième n'augmente donc pas, il est stable.
Il diminue dans les établissements proposant aujourd'hui beaucoup d'options ou un grand nombre d'heures d'accompagnement éducatif.
Ces établissements ont aujourd'hui plus de 115h de dotation hebdomadaire : ils peuvent avoir au maximum 8h d'accompagnement éducatif et largement plus de 3.5h d'options.
Ces heures servent à proposer aux élèves, ayant besoin ou envie d'un temps supplémentaire pour progresser, de l'accompagnement, ou de découvrir d'autres matières.

A l'opposé, un établissement qui ne propose pas aujourd'hui beaucoup d'options ou d'heures d'accompagnement éducatif sera plutôt favorisé par ce nouveau mode de calcul.
En effet la marge horaire n'est pas bonifiée en fonction des options ouvertes par un établissement.
Cet établissement aura donc le même budget d'heures qu'un autre plus investi dans l'aide aux élèves et les parcours optionnels.

C'est un paradoxe : cette réforme diminue les moyens attribués aux équipes pédagogiques les plus dynamiques.

Les établissements classés en REP continuent à avoir des heures pour proposer de l'accompagnement éducatif, ces établissements ont donc un budget d'heures bonifié.

Les conseils d'enseignement (par disciplines), se voient attribuer des missions : découper le programmes en années, réfléchir à l'accompagnement personnalisé et aux enseignements pratiques interdisciplinaires.
Ces travaux sont ensuite harmonisés en conseil pédagogique réunissant un responsable de chaque discipline.
Des arbitrages seront nécessaires entre l'ouverture d'options et le travail en groupes à effectifs réduits.
Enfin le conseil d'administration, présidé par le principal, vote l'organisation choisie et la répartition du budget de marge horaire qui en découle.


La marge horaire

Le volume de la dotation horaire supplémentaire pour l’établissement est calculé sur la base de deux heures quarante-cinq minutes par semaine et par division pour la rentrée scolaire 2016, puis sur la base de trois heures par semaine et par division à compter de la rentrée scolaire 2017. Il est, dans l’organisation actuelle du collège, de deux heures pour quatre divisions. Un collège de 20 divisions pourra ainsi utiliser une enveloppe de 55 heures à la rentrée 2016 et 60 heures à partir de la rentrée 2017, contre 10 heures aujourd’hui, ce qui équivaut à une multiplication par six de la dotation horaire heures professeurs.

Prenons l'exemple choisi dans la circulaire d'un collège de 20 divisions.
La marge horaire est actuellement pour ce collège de deux heures par groupe de 4 divisions, soit 10h au total.
Marge à laquelle il faut ajouter 2h d'accompagnement personnalisé en 6e et 2h d'IDD en 5e et 2h d'IDD 4e. 2h+2h+2h = 6h*4. Soit au total 24h.
Il faut ensuite ajouter les options : 3h30 × 4 = 14h et l'accompagnement éducatif : 1h × 20=20h
On obtient donc un total pour tout ce qui correspond aux emplois de la marge de 68h

La nouvelle marge sera décidée par le recteur sur la base de 2h45min (3h en 2017)[4].
Soit 3h × 20 divisions = 60h de marge pour notre établissement.
Mais il faut aussi anticiper le fait que le recteur pourra proposer des marges différentes en fonction de différents indicateurs (sociaux, performance, innovation pédagogique...).
Un établissement pourra se voir attribuer 2h de marge et un autre 4h de marge.

Il est donc inexact de dire que la dotation horaire professeur est multipliée par six.
Dans la réalité compte tenu des nouveaux emplois de la marge, cette dotation reste identique à la situation actuelle.
Il faudra donc choisir entre continuer à proposer des options ou faire davantage de groupes à effectifs réduits. 

Il est vrai que comme les options ont des horaires qui sont réduits par la réforme, il y aura bien, le plus souvent, plus d'heures pour faire des groupes à effectifs réduits. Ces choix se feront dans chaque établissement. Il est à craindre que dans les établissements plus difficiles où dédoubler les classes est particulièrement utile, il ne reste plus de marge pour proposer d'option.

Les établissements qui proposent aujourd’hui les options latin, grec et langues régionales disposeront donc des moyens nécessaires à la mise en œuvre dans les meilleures conditions des enseignements de complément en latin, grec et langues régionales. Les groupes à effectifs réduits ont vocation à être constitués en priorité pour les sciences expérimentales, la technologie, les langues vivantes étrangères, les langues régionales et l’enseignement moral et civique.

Les priorités pour l'utilisation de la marge sont précisées : Latin, Grec, Langues régionales, et groupes à effectifs réduits.
Ces groupes seront mis en place notamment en Sciences expérimentales, Technologie, Enseignement moral et civique et en enseignement des Langues.
L'accompagnement personnalisé se fera donc le plus souvent en classe entière au détriment des élèves les plus fragiles.
Les enseignements interdisciplinaires ne seront donc pas majoritairement en co-intervention, mais assurés par un seul professeur à la fois.
La marge horaire ne servira pas à créer des classes bilangues. En revanche, quand ces classes existent, la marge peut permettre de constituer des groupes à effectifs réduits en langue vivante.
Les travaux pratiques informatiques pour apprendre à programmer en mathématiques se feront donc le plus souvent en classe entière.

Ces priorités diminuent de beaucoup la liberté qu'auront les établissements de faire leurs choix.
Il est à craindre que la nécessaire adaptation de chaque établissement aux spécificités locales ne soit pas une réalité.
D'autant plus que la circulaire précise que la marge ne peut pas être utilisée pour offrir des cours supplémentaires.

La dotation horaire supplémentaire ne peut pas être utilisée, à l’exception des heures dédiées aux enseignements de complément, pour augmenter l’horaire hebdomadaire des élèves.

La lutte contre illettrisme et l'innumérisme était pourtant une priorité de la loi de refondation de l'école.
Par endroits des élèves peuvent avoir besoin en priorité de davantage de cours de français, ou de mathématiques.
Ces deux disciplines sont des pré-requis pour pouvoir réussir au collège.
On pourra regretter, notamment en classe de 6ème, que la circulaire ne laisse pas cette liberté aux équipes pédagogiques.

Les EPI

Toutes les disciplines d’enseignement contribuent aux enseignements pratiques interdisciplinaires. Les professeurs documentalistes, ainsi que les conseillers principaux d’éducation, dans leurs champs de compétences respectifs, ont vocation à apporter leur expertise dans leur conception et à participer à leur mise en œuvre.

L'organisation des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) est élargie, toutes les disciplines doivent participer, le plus souvent sur leurs heures disciplinaires.
S'ajoutent les CPE (conseillers principaux d'éducation) et les professeurs documentalistes qui vont aussi participer à leur mise en œuvre.
On peut cependant imaginer une participation ponctuelle à un EPI en co-intervention en dehors des heures disciplinaires.
Si il est théoriquement possible de prendre des heures sur la marge pour faire des interventions conjointes de plusieurs enseignants, nous avons vu que ceci est en contradiction avec les priorités d'utilisation de la marge.
Le volume horaire hebdomadaire qui leur est consacré peut ainsi être croissant de la cinquième à la troisième. Des heures professeurs peuvent être mobilisées notamment pour des interventions conjointes de plusieurs enseignants.

Les EPI peuvent être proposés de façon croissante aux élèves de la 5ème à la 3eme (9) : par exemple 2h d'EPI en 5ème, 2h en 4ème et 3h en 3ème.
L'horaire de l'accompagnement personnalisé serait alors : 2h d'AP en 5ème, 2h en 4ème et 1 heure d'AP en 3ème.
Car il est précisé qu'il doit y avoir entre 1h et 2h d'AP par semaine.

Mais il faut penser à la préparation des élèves au brevet et aux élèves qui auront besoin d'AP en 3ème pour préparer leur avenir.
Une proposition décroissante des EPI pourrait être plus judicieuse : par exemple 3h d'EPI en 5ème, 2h en 4ème et 2h en 3ème.

Les enseignements pratiques interdisciplinaires peuvent être de durée variable (trimestrielle, semestrielle, annuelle), sur un horaire hebdomadaire de 1 à 3 heures. Un établissement peut combiner des enseignements pratiques interdisciplinaires de durées différentes. Par exemple :
- Trois enseignements pratiques interdisciplinaires trimestriels de trois heures.
- Deux enseignements pratiques interdisciplinaires semestriels de deux heures, et trois enseignements pratiques interdisciplinaires trimestriels de 1 heure.
- Un enseignement pratique interdisciplinaire semestriel de trois heures, un enseignement pratique interdisciplinaire semestriel d’une heure, un autre de deux heures.
- Un enseignement pratique interdisciplinaire annuel d’une heure, et deux enseignements pratiques interdisciplinaires semestriels de deux heures.
- Un enseignement pratique interdisciplinaire annuel d’une heure, et trois enseignements pratiques interdisciplinaires trimestriels de deux heures.

Les organisations trimestrielles ou semestrielles sont à privilégier. D’autres modalités peuvent être imaginées, telles que des semaines interdisciplinaires.

D'un point de vue pratique, toutes les organisations trimestrielles, semestrielles ou annuelles sont envisagées (10).
Il est même possible pour un enseignant de grouper l'EPI sur des "semaines de l'interdisciplinarité", même si ce n'est pas conseillé par ce texte.
La souplesse apparente des choix d'organisation interroge sur sa faisabilité pour les emplois du temps.
Les EPI trimestriels ou semestriels risquent d'être très difficiles à mettre en place avec des groupes à effectifs réduits.
Cela imposerait de refaire les emplois du temps plusieurs fois par an.

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Enseignement des langues par des professeurs d'autres disciplines

Les enseignements pratiques interdisciplinaires sont aussi l’occasion privilégiée de mettre en pratique les langues vivantes étudiées ainsi que les outils numériques. Notamment dans le cadre de l’enseignement pratique interdisciplinaire « Langues et cultures étrangères et régionales », un enseignement de discipline non linguistique peut être proposé aux élèves. Les recteurs mettent en place dans les académies des procédures simples de certification pour les professeurs non linguistes volontaires.
                                                                 

La circulaire propose une nouvelle forme de bivalence pour l'enseignement en interdisciplinarité.
Par exemple, un professeur de mathématiques pourrait enseigner en anglais (cette pratique existe déjà mais est très marginale).
Pour cela il devra détenir une certification obtenue simplement.
Cet élargissement de l'enseignement des langues peut interroger : cette certification garantira-t-elle la maîtrise d'un savoir disciplinaire en langues de haut niveau ?
De même on pourrait imaginer une certification en mathématiques pour que les professeurs de langues puissent enseigner cette discipline dans le cadre des EPI.
Cette proposition modifie la perception des disciplines et de la spécialisation des professeurs.
Si l'idée d'un cours de mathématiques en anglais peut sembler séduisante pour les élèves qui pourront en tirer bénéfice, il faut aussi penser aux élèves pour lesquels cette modalité d'enseignement multiplie les difficultés.

Intervention en collège de personnels non enseignants

La mise en œuvre des parcours doit favoriser la participation d’autres personnels de l’établissement et les partenariats.                                                                 

D'un point de vue pratique, la circulaire propose d'élargir l'interdisciplinarité à d'autres personnels non enseignants : bénévoles associatifs, volontaire du service civique, assistant pédagogique, employé municipal, entreprise locale,...
Le circulaire propose donc d'ouvrir l'enseignement en collège à des personnels qui n'auront pas été formés.

Le Latin et les langues régionales

Un élève peut ainsi suivre l'enseignement pratique interdisciplinaire « Langues et cultures de l'Antiquité » en classes de cinquième, quatrième et troisième. Il peut en outre suivre, de la classe de cinquième à la classe de troisième, l'enseignement de complément de latin et, en classe de troisième, l'enseignement de complément de grec. Les langues et cultures de l'Antiquité jouent un rôle important dans l'acquisition de la culture commune et la construction de la citoyenneté, pour leur dimension linguistique comme pour l'apprentissage de l'histoire des civilisations. Les enseignements de complément de latin et de grec sont pris en charge par les professeurs de lettres classiques, qui ont en outre vocation, avec les professeurs d'autres disciplines, à être mobilisés pour la prise en charge de l'enseignement pratique interdisciplinaire « Langues et cultures de l'Antiquité ».

Ces enseignements ne seront proposés que si la marge horaire le permet, donc l'enseignement de complément de Latin ne sera pas proposé dans tous les établissements.
L'organisation de l'enseignement du Latin n'est pas facilitée par le cloisonnement entre l'EPI "Langues et cultures de l’Antiquité" et l'enseignement de complément de Latin.
En pratique, en EPI "Langues et cultures de l’Antiquité" il y aura un mélange entre des élèves suivant l'enseignement de complément de Latin et d'autres ne le suivant pas.
Il sera donc très difficile de bâtir une progression profitable à tous les élèves dans cet EPI.

De la même façon, un élève peut suivre l'enseignement pratique interdisciplinaire « Langues et cultures étrangères et régionales » en classes de cinquième, quatrième et troisième. Il peut en outre suivre, de la classe de cinquième à la classe de troisième, l'enseignement de complément de langue régionale. L'enseignement des langues vivantes régionales au collège reste régi par la circulaire n° 2001-166 du 5 septembre 2001 sur le développement de l'enseignement des langues et cultures régionales à l'école, au collège et au lycée. S'agissant spécifiquement de l'enseignement bilingue d'une langue régionale, celui-ci reste organisé d'après les instructions pédagogiques figurant dans l'arrêté du 12 mai 2003 « Enseignement bilingue en langues régionales à parité horaire dans les écoles et les sections "langues régionales" des collèges et des lycées ». Les sections bilingues de langue régionale, les dispositifs bi-langues de continuité en classe de sixième et les enseignements d'initiation et de sensibilisation en classe de sixième sont par conséquent maintenus.

Les langues régionales suivent le même modèle d'organisation.


L'accompagnement personnalisé

Toutes les disciplines d’enseignement peuvent contribuer à l’accompagnement personnalisé. (...) Les professeurs documentalistes et les conseillers principaux d'éducation, dans leurs champs de compétences respectifs, ont vocation à apporter leur expertise dans sa conception et à participer à sa mise en œuvre.

Toutes les disciplines d’enseignement peuvent contribuer à l'accompagnement personnalisé sur leurs heures disciplinaires.
Les professeurs documentalistes, ainsi que les conseillers principaux d’éducation participent à sa mise en œuvre.
Trois heures d'accompagnement personnalisé hebdomadaire sont prévues en 6ème, 1 à 2h pour les autres niveaux.
Nous avons vu que l'accompagnement personnalisé en groupes réduits n'était pas une priorité du ministère d'utilisation de la marge horaire.
La circulaire propose cependant de regrouper les élèves en fonction de leurs besoins, au sein de groupes (souvent de la taille d'une classe entière) dont la composition peut varier durant l’année.
Les élèves peuvent être regroupés en fonction de leurs besoins, au sein de groupes dont la composition peut varier durant l’année. Des heures professeurs sont mobilisées pour la prise en charge des groupes.

Cela imposerait d'aligner un grand nombre de cours sur le même créneau horaire, et de répéter cet alignement pour tous les niveaux.
En pratique cela ne sera pas toujours possible dans l'organisation déjà très contrainte des emplois du temps.
Cela pourrait aboutir pour les élèves à une augmentation du nombre d'heures de permanence.


Les classes Bilangues

La nouvelle carte des langues vivantes assure, dans chaque académie, une continuité de l'apprentissage entre le primaire et le collège, et vise le développement de la diversité linguistique, notamment en faveur de l'allemand. Tous les recteurs d'académie réunissent, dans la perspective de ce travail, la commission académique sur l'enseignement des langues vivantes étrangères. Les réseaux d'éducation prioritaire (REP et REP+) constituent une cible prioritaire pour le développement d'une offre linguistique diversifiée dans le premier degré et la mise en place de dispositifs bi-langues de continuité au collège.

Les élèves qui ont bénéficié de l’enseignement d’une langue vivante étrangère autre que l’anglais ou d’une langue régionale à l’école élémentaire peuvent se voir proposer de poursuivre l’apprentissage de cette langue en même temps que l’enseignement de l’anglais dès la classe de sixième.
Les classes bilangues sont maintenues uniquement au nom de la continuité des enseignements : il faut donc avoir bénéficié de l’enseignement d’une langue vivante étrangère, autre que l’anglais, ou d’une langue régionale à l’école élémentaire. En pratique c'est très rarement le cas.
Pour remédier à cet état de fait, le ministère a annoncé la mise en place d'une nouvelle carte des langues vivantes. Celle-ci devrait être connue à l'automne/l'hiver prochain. On peut s'interroger sur la faisabilité pratique d'un enseignement de l'allemand en école primaire, les enseignants capables de l'enseigner étant rares. De plus il faudra du temps pour faire évoluer la situation actuelle.

Les élèves qui ont bénéficié à l'école élémentaire de l'enseignement d'une langue vivante étrangère autre que l'anglais ou d'une langue régionale peuvent se voir proposer de poursuivre l'apprentissage de cette langue en même temps que l'enseignement de l'anglais dès la classe de sixième. L'apprentissage de ces deux langues se fera à hauteur de 6 heures hebdomadaires. Les élèves doivent être répartis sur plusieurs classes pour éviter toute constitution de filières.


Le financement des heures de ce dispositif n'est pas clairement annoncé, si il est pris sur la marge, il ne pourra pas toujours être proposé aux élèves.
On ne sait pas combien d'heures d'anglais aura une élève en classe bilangue en 6e. Rien ne garantit qu'il y aura trois heures pour chacune des deux langues.
Par ailleurs, le texte ne dit pas explicitement
si l'apprentissage des deux langues se fera pendant 6 heures hebdomadaires pour tous les niveaux. Qui de la 5e, de la 4e et de la 3e?

S’agissant spécifiquement de l’enseignement bilingue d’une langue régionale, celui-ci reste organisé d’après les instructions pédagogiques figurant dans l’arrêté du 12 mai 2003 « Enseignement bilingue en langues régionales à parité horaire dans les écoles et les sections "langues régionales" des collèges et des lycées ».

Les sections bilingues de langues régionales sont maintenues dans le cadre des textes en vigueur.

Des cours de 45 minutes, une nouvelle organisation du collège

Le projet de circulaire propose de tester une nouvelle organisation : les cours de 45 minutes.

Le démarrage de la deuxième langue vivante en classe de cinquième, avec un horaire hebdomadaire de 2,5 heures de la classe de cinquième à la classe de troisième, augmente le temps d'exposition des élèves à la langue vivante étrangère. Il revient aux établissements de déterminer la fréquence hebdomadaire d'exposition des élèves aux langues vivantes étudiées. L'organisation de l'apprentissage de la deuxième langue vivante en trois séances est à privilégier. Elle peut être combinée avec l'organisation de séances de cours de trois quarts d'heures en langue vivante 1 au cycle 4.

Ainsi 2h30 deviennent un cours de 60 min et deux cours de 45 min.
Les cours d'anglais en LV1 au cycle 4 peuvent être dispensés sous ce format.
Un certifié pourrait alors avoir 24 cours pour faire ses 18h.
Cela imposerait probablement par ailleurs d'organiser aussi les autres disciplines en cours de 45 min.

On peut s'interroger sur ce format de 45 minutes à un moment où nos élèves sont pris dans un zapping incessant.

N'ont ils pas besoin de travailler leurs capacités d'attention exclusive sur la durée ?
Si nos élèves ont de bonnes capacités d'attention partagée, il leur manque souvent la capacité à approfondir un sujet.
La même circulaire précise d'ailleurs, quelques paragraphes plus loin, qu'il faudrait éviter le morcellement des temps d'apprentissage :

L’établissement peut réfléchir à la mise en place d’une organisation du temps scolaire visant à réduire dans la journée et la semaine le nombre de séances, afin de limiter le morcellement des temps d’apprentissage.

La circulaire propose donc comme palliatif de grouper 2 cours de 45 minutes pour en faire un cours de 90 minutes.
Il faudra s'interroger sur la durée optimale d'un cours : 45 minutes, 60 minutes, 90 minutes, 120 minutes ?
La durée traditionnelle de 60 minutes n'était peut-être pas le fruit du hasard.

Dans l'hypothèse de la mise en place de cours de 45 minutes, l'organisation d'un collège deviendrait :
- le matin : 5 cours de 45 minutes avec une pause de 15 minutes soit un total de 4h : 8h - 12h
- Une pause pour se restaurer à la cantine (en principe 90 minutes)
- L'après midi 4 cours de 45 minutes avec une pause de 15 minutes : 13h30 - 16h45

Enseignement intégré de science et technologie et enseignements artistiques

Les établissements qui ont mis en place l’enseignement intégré de science et technologie (EIST) peuvent le poursuivre dans ce cadre. Cet enseignement peut également être poursuivi en classe de cinquième. Ce n’est pas pour autant une modalité d’enseignement généralisée : ce choix reste du ressort des équipes.

Le fonctionnement en enseignement intégré de science et de technologie, où les professeurs de S.V.T., Physique et Technologie enseignent indistinctement les trois disciplines n'est pas imposé.
Mais les heures d'enseignement sont mutualisées en 6ème dans le décret : 4h pour les trois disciplines.
Il est probable que cette organisation d'enseignement soit souvent proposée pour compléter le service d'enseignement de l'une ou l'autre de ces trois disciplines.
Les enseignants pourront alors choisir entre accepter l'EIST, ou devoir enseigner sur plusieurs établissements.

le regroupement des enseignements artistiques - arts plastiques et éducation musicale - vise à faciliter les modalités d'enseignement de ces deux disciplines, à la condition nécessaire que les enseignants qui en ont respectivement la charge aient donné leur accord. L'organisation horaire pourra proposer 2 heures d'arts plastiques sur un semestre et 2 heures d'éducation musicale sur l'autre semestre. En effet, cette souplesse essaie de répondre aux spécificités du travail effectué par les élèves dans ces deux disciplines et des conditions matérielles de ces enseignements.

De même la mutualisation des heures d'enseignements artistiques relève du choix des équipes d'enseignants.
Une organisation semestrielle est possible pour les enseignements artistiques, deux heures d’arts plastiques sur un semestre et deux heures d’éducation musicale sur l’autre semestre.


L'organisation des formations

Les enseignants et conseillers principaux d'éducation participeront à des formations portant sur :

- l'appropriation des nouveaux programmes de cycle ;

- la mise en place des nouveaux temps d'enseignement : enseignements pratiques interdisciplinaires, accompagnement personnalisé, groupes à effectifs réduits ;

- la différenciation pédagogique ;

- la pédagogie de projet ;

- les usages pédagogiques du numérique, en lien avec la mise en œuvre des programmes ;

- les pratiques d'évaluation des acquis des élèves.

Les formations des enseignants et conseillers principaux d'éducation se dérouleront entre octobre 2015 et mai 2016, dans un format qui doit être compatible avec l'importance des changements engagés. Elles dureront de quatre à cinq jours. Dans toute la mesure du possible, la première journée se déroulera avant la fin du premier trimestre de l'année scolaire 2015-2016.

La formation des enseignants et conseillers principaux d'éducation se déploie en plusieurs vagues, afin de ne pas mobiliser tous les enseignants d'un collège en même temps. La première vague des enseignants formés en bassin est composée d'enseignants volontaires, en particulier des membres des conseils pédagogiques des collèges, qui pourront accompagner la réflexion pédagogique au sein des établissements.

Un plan de formation pour les enseignants est annoncé portant sur un grand nombre de thèmes très vastes.
Pour ces formations chaque enseignant aura au total seulement 4 à 5 jours de formation.

Les professeurs volontaires auraient une formation en premier et deviendraient ainsi des référents pour les autres.


Conclusion

Cette circulaire confirme les grandes orientations de la réforme du collège 2016.
Le budget annoncé est stable mais la part des enseignements disciplinaires diminue.
Les nouveaux mécanismes de répartition des heures laissent beaucoup d'autonomie aux établissements.
Il faudra choisir entre proposer des options ou des groupes à effectifs réduits.

Dans ses détails pratiques cette circulaire poursuit un objectif de sortir de l'équation "un cours = un professeur ; une heure ; une classe ; un programme".
Pour cela elle précise :

  • les modalités d'enseignements en co-intervention et en interdisciplinarité ;
  • des cours de durée variable,1h ou 45 minutes, et proposés suivant des organisations éphémères : trimestre, semestre, semaines ;
  • des groupes d'enseignement de composition variable, groupes de besoins ;
  • des enseignements qui ne sont plus strictement disciplinaires et relevant d'un programme précis, mais qui relèvent d'un ensemble plus général : le socle commun, l'accompagnement personnalisé et les EPI.

Dans cette vaste transformation des méthodes de travail, des organisations et des contenus, le risque est grand nous semble-t-il de déstructurer l'enseignement.
Il faut penser que nos élèves, notamment les plus fragiles, ont aussi besoin pour réussir de repères clairs et simples.



[1] : circulaire du 2 juillet 2015
[2] : Note d'information - DEPP - N° 13.13 - juillet 2013
[3] : 10,5% des élèves ont 4h d'Euro, 16% ont 5h de bilangue, 23% ont 8h de Latin, 3% ont Grec, 5% ont 6h de langues régionales, 10% ont 3h de DP3.
[4] : Arrêté article 7 : Son volume pour l’établissement est arrêté par le recteur d’académie, sur la base de deux heures quarante-cinq minutes par semaine et par division pour la rentrée scolaire 2016, puis sur la base de trois heures par semaine et par division à compter de la rentrée scolaire 2017.

Page modifiée le 2 septembre 2016

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